" La réflexion est généralement considérée comme une affaire grave et sérieuse. Mais nous avançons ici que le jeu créatif est un élément essentiel dans l'élaboration d'idées et d'hypothèses. Toute réflexion qui tente d'éviter le jeu se joue d'elle même. Le jeu est dans l'essence même de la pensée."
( D.Bohm et F.Peat, "Science, ordre et créativité")
Introduction:
Dans le cadre d'un art neuro-stimulatoire, la matière utilisée par le 'sculpteur' étant comme nous l'avons vu, la matière crébrale elle même,
l'usage des mots et énoncés correspond à des structures mettant en jeu, si l'on se fit aux données des neuro-sciences, les aires cérébrales
dites de 'Broca' et de 'Wernicke' représentées sur le schéma suivant :
Aussi, on comprendra que du point de vu neuro-artistique, l'usage des structures Langagières peut être assimilé à
l'usage de la peinture, de l'instrument de musique, de la programmation. Les structures Langagières seront déployées sous les formes que l'on assimile
traditionnellement à la poésie, aux énoncés ou théories scientifiques , mais du point de vu du 'Neuro-Art' et plus largement du Kolargonisme, elles sont considérées comme des "créations artistiques",
c'est-à-dire que, tout comme une peinture viendra en premier lieu, stimuler les aires cérébrales responsables du traitement visuel, une théorie correspondra à une 'structure' venant stimuler au moins les zones responsables du traitement des concepts, des idées, c'est-à-dire les zones situées dans la zone frontale du cortex cérébral.
De la même manière que, lorsque l'on apprécie un tableau, il nous paraîtra posséder une certaine 'cohérence' ( je me risque à penser
que la notion de cohérence possède un certain nombre de rapports avec celle d'"esthétique" en philosophie de l'art), l'énoncé d'une théorie pourra posséder une esthétique, qui sera appréciée dans le cadre scientifique, par
le rapport entre la simplicité de l'énoncé et sa capacité à rendre compte des observations expérimentales ( principe du rasoir d'Occam ).
Aussi a-t-on par exemple souvent entendu dans le discours de physiciens, de l'esthétique de la théorie de la relativité, appréciée comme le rapport entre la simplicité de son énoncé et
sa puissance à rendre compte des faits observés.
Dans le cadre du projet neuro-stimulatoire, on pourra évidemment discuter de la validité et de la pertinence des théories proposées ( une telle discussion constructive constituera par ailleurs encore une neuro-stimulation intéressante...)
mais l'idée étant ici de rechercher de nouvelles structures de cohérence, il est donc absolument important de s'éloigner le plus possible des modèles ou théories existantes afin de tenter d'
aboutir à des nouveautés.
Ainsi dans ce cadre sera-t-on beaucoup plus intéressé par les hypothèses nouvelles, même si elles peuvent manquer de clarté, que par des théories pertinentes, mais qui n'apporteraient, rien de
nouveau, autrement dit, qui, du point de vu neuro-stimulatoire, se borneraient à exciter des zones déjà visitées du cerveau humain.
A] On constate que l'on peut discerner une séquence, qui, même si elle n'est pas forcément chronologique, s'inscrit dans un mouvement évolutif qui tent à libérer l'oeuvre de l'influence extérieure.
Art figuratif 1
Marie de Bourgogne, fin XVe siècle, anonyme d'un peintre flamand.
Ici, l'image sert à la représentation de la réalité, et à sa fixation dans le temps.
Du point de vu neuro-stimulatoire, il s'agit d'une émancipation temporelle - c'est-à-dire que
le spectateur peut à tout moment, pour peu qu'il ait le tableau ou sa reproduction sous la main, reproduire
la séquence de stimulation initiale, issue du réel.
Art figuratif 2
Autoportait au chapeau de paille Importance
Autoportrait
Post-Impressionnistes
Vincent van Gogh
approx. de 1886 à 1888
Ici encore, l'image sert à la représentation de la réalité, néanmoins, on remarque que cette réalité est
déformée. Comme dans le cas des impressionnistes, on voit des touches de couleurs. L'image apporte quelquechose
en plus, du point de vu neuro-stimulatoire, que l'image réelle.
Art Abstrait
Rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une pomme-grenade une seconde avant l’éveil
Le tableau reproduit une image que le spectateur n'a pas pu observer dans la réalité.
D'une part parce qu'elle provient du rêve du peintre, mais surtout parcequ'elle est constituée d'éléments
ne pouvant pas s'assembler dans la réalité : le poisson rouge ne peut pas faire cette taille et ne crachent pas de
tigre. Des stuctures de stimulation neuronales inhabituelles sont stimulées.
Ici le tableau consiste en une image qui n'a plus rien à voir avec la réalité.
Le processus est assez flagrant, et les fondateurs de l'abstractionnisme - Klee, Kandinsky -
le disait explicitement dans leurs écrits : l'apparition de l'art abstrait s'est opéré à partir dumoment ou le peintre a compris qu'il pouvait s'affranchir
de la représentation.
Art conceptuel 1
MARC QUINN
Curated by John Zeppetelli
October 5, 2007 - January 6, 2008
L'art conceptuel ne se soucie en apparence plus du savoir-faire de l'artiste ni même de l'idée qu'une œuvre doit être « finie » car l'idée prime sur la réalisation : certains artistes ne proposent par exemple que des esquisses de ce que pourrait être l'œuvre ou encore des modes d'emploi permettant à tout un chacun de réaliser l'œuvre, c'est l'idée qui a de la "valeur", pas sa réalisation
Cette définition semble très intéressante du point de vu du Neuro-Art puique l'idée est entièrement située dans le cerveau. Autrment dit, ne pourrait-on pas dire ici, c'est l'activation neuronale qui a ed l'importance et pas le stimulateur (tableau, scuplture utilisé ).
1)L'art figuratif est un style artistique, en particulier dans la peinture, qui utilise des objets réels, les déforme ou les change pour transmettre un message. Le terme "art figuratif" est souvent pris au sens d'art qui représente le corps humain ou animal. Si cela est souvent vrai, ce n'est pas nécessairement toujours le cas. En effet, la peinture figurative représente non seulement des personnes mais aussi des objets tels qu'un vase ou une bouteille, un animal, une fleur, un paysage, et ainsi de suite.
1.a La Renaissance
1.b le baroque
1 c le réalisme
2.a l'impressionnisme
2.b l'expressionnisme
Elle peut être réaliste ou stylisée. La Renaissance, le baroque, et le réalisme sont des exemples de styles artistiques d'art figuratif réaliste, dans lesquels le peintre cherche à représenter le réel (la mimésis). Des mouvements comme l'impressionnisme ou l'expressionnisme s'inscrivent aussi dans la mouvance de l'art figuratif même s'ils ne sont pas aussi rigoureux dans leur représentation du réel.
2)Le cas particulier du surréalisme
Le surréalisme est un mouvement artistique qu'André Breton définit comme un "automatisme psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.
Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie [...]"[1].
3)L'art abstrait est une forme d'art qui n'essaie pas de représenter le monde sensible.
La peinture peut se passer de modèle et s'affranchit de la fidélité à la réalité visuelle.
En définitive, la peinture peut être divisée en deux catégories principales, l'art figuratif et l'art abstrait, même si, à strictement parler, l'art abstrait est une forme dérivée de l'art figuratif.
4)L'art conceptuel est un mouvement de l'art contemporain apparu dans les années 1970.
L'art conceptuel ne se soucie en apparence plus du savoir-faire de l'artiste ni même de l'idée qu'une œuvre doit être « finie » car l'idée prime sur la réalisation : certains artistes ne proposent par exemple que des esquisses de ce que pourrait être l'œuvre ou encore des modes d'emploi permettant à tout un chacun de réaliser l'œuvre, c'est l'idée qui a de la "valeur", pas sa réalisation. Avec l'art conceptuel, on assiste, pour la permière fois en histoire de l'art, à une "expression artistique" qui pourrait en réalité se passer de l'objet.
Fluxus et kolargonisme (02/05/2006)
En visitant le portail Fluxus ( www.fluxus.org), j'ai découvert que le kolargonisme posséderait peut-être une famille !
Même si évidemment, une question se pose ...
Enfin, toujours est-il que BEN semble avoir une bonne idée : http://www.ben-vautier.com/ et Cliquez sur "le tas"
Résistance au kolargonisme (04/02/2006)
Bien entendu certains esprits resteront éternellement hermétiques à la pensée kolargonique ...
Principe Kolargone étendu ( 26/10/2005 )
Le Premier principe étendu : on voit que la structure du premier principe ( en gras ) est
contenue dans celle
du second principe ou principe étendu. Le système cohérent spatialement
et temporellement est en fait inclu dans un système plus vaste, et ne
correspond qu'à une certaine fenêtre d'observation des événements.
On ne peut pas forcément considérer qu'il existe un début et une fin, le principe est en expansion permanente.
Le modèle de l'univers associé au premier principe étendu est plus optimiste : l'expansion est infinie. On
peut imaginer qu'il y a eu un big-bang au départ, cependant, cela n'est
pas obligatoire puisque'on a vu qu'il ne nécéssitait pas forcément de
'commencement'.
Cependant celà cadre mieux avec les données scientifiques actuelles ( existence du rayonnement fossile ).
Théorie du kolargone généralisé (ou introduction au concept de "kolargonite" ) (03/02/2006)
Pour poursuivre notre recherche, nous prolongeons la théorie précédente ( kolargone restreint ), ce qui donne :
1) Le monde n'est pas considéré comme constitué d'atomes dans un espace
scalaire, mais d'éléments fondamentaux, que l'on appellera
"kolargonites", entités non spatiales, dont la particularité est de
réunir à la fois l'attention/l'émotion de l'observateur, et les
caractéristiques de l'objet observé.
2) Tout objet correspond à un réseau organisé de "kolargonites".
3) On peut pas parler d'un espace de référence dans lequel serait
situés les "kolargonites", puisqu'elles sont elles-mêmes à la source de
notre perception de l'espace. L'espace quadri-dimensionnel ( 3
Dimensions plus le temps ) utilisé auparavant ne doit être considéré
que comme une vision utile pour la vie quotidienne, mais n'ayant pas de
réalité propre. Le seul référentiel possible pour un kolargonite, est
un autre kolargonite.
4) Notre perception du monde doit se comprendre comme un itinéraire dans ce "réseau de kolargonites".
5) Dans ce réseau de Kolargonites, certains itinéraires sont possibles,
d'autres ne le sont pas. D'où l'existence des lois physiques.
Ainsi, on franchit un autre pas conceptuel en proposant une vision
alternative à la notion d'atome et d'espace-temps traditionelle. Bien
que ce modèle puisse paraître quelque peu exotique à première vue,
notons qu'il n'implique en aucun cas une vision mystique, ni même
spirituelle du réel, simplement une proposition pour une autre manière
de le concevoir.
La caractéristique de ce modèle d'univers est, avant tout, de faire fi
de la distinction conventionnelle entre observateur et objet observé.
Il faut noter qu'il ne s'agit pas là d'une idée originale en soi : de
nombreux philosophes et physiciens, se sont déjà interrogé sur la
validité de cette conception dualiste de sujet/objet qui est
actuellement bien souvent tellement ancrée dans les moeurs que l'on ne
la remet pas en question,
même par jeu de l'esprit. Pourquoi ? j'aurai tendance à penser que
c'est peut-être parce que cette distinction sujet-objet correspond
également à une attitude générale d'une séparation humain/nature si
propre à notre culture ? je ne sais pas. En tout cas, parmis les
philosophes qui s'y sont intéressé, on peut citer notamment, Berkeley (1685 - 1753), Ernst Mach (1838 - 1916) .
Cependant ici, on introduit et l'on nomme un élément fondamental, le
"kolargonite". Ce modèle ne me semble pas exclure a-priori une
formalisation de type mathématique, au sens d'une description sous
forme de 'rapports d'intervalles', mais étant donnée le caractère
'structural' du kolargonite, cette formalisation est encore
hypothétique.
Il faut également noter que cette vision du monde, ne s'oppose pas à la
vision de la science 'plus traditionnelle', mais vient s'y superposer,
en quelque sorte la compléter. La vision atomique classique reste
tout-à-fait valable, mais à un certain niveau, que l'on pourrait
peut-être qualifier d' "utilitaire".
Le passage de la théorie
précédente (restreinte ) à celle-ci, se fait par le raisonnement
suivant : " le principe K, sous-jacent à toute chose, structure
logiquement également la perception que l'on peut avoir de ce que l'on
appréhende comme "objet cerveau". Il apparaît alors plus judicieux de
prendre un autre repère, en quelque sorte "indépendant". Ainsi le
concept de kolargonite ne doit pas être confondu avec celui d'atome
traditionnel ( savoir si les philosophes grecques "atomistes" parlaient
de la même chose lorsqu'ils désignaient l'atome est une autre histoire
!) puisqu'on pourrait dire que,
tandis que les atomes classiques se meuvent dans l'espace-temps, les
kolargonites sont à la source de cette notion d'espace-temps. Il s'agit
donc d'un 'niveau conceptuel' différent.
D'autre part, il ne faut pas croire que puisque la perception et
l'objet ne font qu'un sous cette vision des choses, le monde serait une
sorte de rêve où "tout serait possible". Il s'agirait d'une
simplification naïve. Le changement de repère, c'est-à-dire le passage
au "repère de kolargonites", ne remet aucunement en cause le fait que
le monde physique soit soumis à un certain nombre de règles, à priori
inflexibles. C'est précisément l'existence de ces lois et leur
stabilité, qui ferait que la véritable nature du réel ( selon notre
modèle ) peut porter à confusion et a pu suggérer le modèle classique
ou les atomes sont perçus comme se déplaçant dans un espace indépendant.
Enfin, quand à faire passer la théorie d'une simple spéculation à une
connaissance objective, il s'agit d'un travail scientifique, qui
nécéssiterait des validations par expériences que l'on se garde
d'envisager pour l'instant : Ce modèle nous est simplement "utilitaire"
dans le cadre de notre recherche artistique, il ne prétend absolument
pas à l'universalité ( heureusement j'aurai du mal à le prouver ! ),
mais nous semble convenir à la description de notre expérience
"subjective"... J'insiste encore sur ce point concernant la
non-validité scientifique de cette théorie : nous nous situons dans le
domaine artistique. L'entreprise scientifique se doit de respecter
certains critères stricts d'objectivité, qui font la beauté et la
puissance des découvertes scientifiques. La science, noble entreprise
de conquête de la connaissance objective si il en est, est suffisamment
dénigrée et assaillie actuellement par toute sorte de tentatives de
déstabilisation ou d'intrusions spiritualistes, pour ne pas vouloir en
rajouter: il est donc impératif d'être clair concernant le fait que
nous n'évoluons absolument pas dans ce cadre, malgré des termes qui
peuvent parfois s'en rapprocher.
Peut-être pourront nous modérer cette position plus tard, mais à ce
stade de la recherche, celà n'est pas à propos.
Théorie du kolargone restreint (01/02/2006) ( ou 'interrogation sur la validité d'une réduction neuro-physiologique' )
Je l'appelle 'théorie restreinte', car
on reste ici dans un cadre classique : on parle simplement d'un
principe sous-jacent, qui est donc le principe kolargone, encore
considéré sous l'angle "extérieur", c'est-à-dire "objectif".
1) Tout ce qui est perçu par le système cognitif humain est transcris
dans le système nerveux sous une même modalité au niveau des organes de
perception externes ( ouië, odorat, goût, toucher, chaleur ) et
internes ( reception des sensations de l'intérieur du corps )
2) En dernière analyse, cette modalité est formée de rythmes de potentiels d'actions
qui sont des dépolarisations brèves circulant à des vitesses
relativement uniformes, et de manière uni-directionnelle le long des
cellules spécialisées que sont les neurones
3) Les neurones du système nerveux sont organisés en réseaux orientés ( les neurones ne conduisent que dans un sens ) faisant intervenir des associations ( plusieurs neurones convergent vers un seul ) et des dissociations
4) Les phénomènes de synchronisation entre potentiels d'action de
différentes origines au niveau des synapses, jouent un rôle fondamental
dans le renforcement au cours de l'expérience de l'individu, des
trajets empruntés par ces potentiels d'action.
5) Par conséquent on doit s'attendre à retrouver dans tous les domaines
de la connaissance, la trace de cette organisation neuro-biologique.
6) Le monde perçu ne constitue qu'une "tranche" du monde réel, saisi à travers le filtre de ce principe essentiel sous-jacent.
7) Les outils conceptuels que nous utilisons pour analyser ce monde
perçu, sont eux-même fondés sur ce principe essentiel sous-jacent du
système cognitif humain.
corollaires :
1) On devrait s'attendre à retrouver une interprétation sur base
neurophysiologique des particularités des différentes branches du
savoir : mathématiques, physiques, philosophie etc ...
2) Les neuro-sciences n'échappent pas à ce principe, et la
représentation de "l'objet cerveau" étudié par les neuro-sciences n'a
peut-être pas grand chose à voir avec le véritable "objet cerveau".
3) Les mathématiques à elles seules ne constituent pas un outil
pertinent pour aborder ce principe puisque qu'elles sont surement
elles-mêmes fondées sur lui.
4) Finalement l'unification des différentes branches du savoir ne se
fera qu'en intégrant les sciences de la cognition et la considération
du fait que c'est avant tout à travers l' "objet cerveau" que le réel
est appréhendé.
5) Pourrait-on trouver des origines des différentes "constantes" de la
physique et des mathématiques ( constante de Planck, constante
cosmologiques, Pi, e ) à partir de "constantes physiologiques" (
vitesse de propagation des potentiels d'action, forme de la
dépolarisation sur le neurone etc ..)
Principe K et mathématiques (15/01/2006)
La nature exacte du principe K est difficile, voir pour l'instant,
impossible à déterminer. Peut-être est-il possible de comprendre ce
qu'il n'est pas,
sans pouvoir dire ce qu'il est ? Le principe K serait une description naïve d'un principe pouvant
être situé dans une quelconque branche des mathématiques, devrait-il
être intégré dans une quelconque théorie des structures ou théorie des
catastrophes ? On ne peut pas aborder le Principe K d'une façon
simplement mathématique : il est inutile de vouloir le situer comme
appartenant par exemple au domaine de la topologie, de la théorie des
ensembles, de la théorie des catastrophes ou autre, puisque
précisément, les mathématiques sont elles mêmes fondées sur le principe
K.
On a vu précédemment ( voir Réflexions concernant le rapport entre la structure du système nerveux et le PK (13/01/2006) ) que ce serait plutôt du côté des principes de fonctionnement du cerveau humain qu'il faudrait chercher la base du P.K.
Ainsi, dans un premier temps en tout cas, il semble plus judicieux de
s'intéresser au principes de base du fonctionnement cérébral : les
mathématiques, comme l'art, comme la philosophie, ne constituent, en
toute logique, que des constructions basées sur ce fonctionnement
sous-jacent. Evidemment, les mathématiques sont souvent considérées
comme
la science "dure" par excellence, et ont actuellement tendance à
phagocyter les autres branches du savoir. Ainsi, je lisais récemment un
article tentant de faire le rapprochement entre théorie des
catastrophes ( voir biblio, Thom, "théorie des catastrophes et
morphogénèse" ) et les recherche esthétiques du peintre Paul Klee. Il
me semble qu'il s'agit d'une erreur, qui tendrait à sous estimer la
profondeur de la recherche de Klee : c'est selon moi précisément au
delà des mathématiques
que sa recherche d'un "ordre par principe" se situait, un au-delà
difficile à situer puisque précisément lorsque la recherche tente
d'aller plus loin que les bases classiques du raisonnement, aucune base
ne permet sa description. Bien que l'idée soit tentante, les
mathématiques ne peuvent a priori pas prétendre phagocyter le domaine
de l'esthétique.
Dans sa recherche Klee a, comme on le sait, utilisé la réflexion sur la
musique, la poesie et l'expression littéraire, la peinture et le dessin
: vouloir regarder avec condescendance cette recherche depuis la base
des mathématiques, en la considérant comme une errance qui serait
imputable aux manque de connaissance mathématique de cet homme serait
selon moi une grosse erreur, puisque c'est justement au-delà des
mathématiques qu'elle se situe, et c'est en celà que réside son
intérêt.
En réalité, toute tentative de définition verbale, ou formelle
( j'entend par là par le jeu de symboles qui ne seraient pas 'verbaux')
du PK est par définition impossible,
puisque n'importe quel verbe, ou symbole, est précisément fondé sur le
principe K.
On ne peut donc pas définir, au sens usuel du terme, c'est-à-dire uniquement par des mots, le principe K, puisque le mot
est justement fondé sur le principe K. Et c'est là que réside tout le
paradoxe et la difficulté de la recherche, puisque simplement en
utilisant les mots pour l'appréhender ou le transmettre, je m'en
éloigne.
Peut-être peut-on simplement décrire différents aspect de son
fonctionnement et ressentir, par le jeu et l'accumulation des
analogies, sa nature ?
Paul Klee et le Principes Kolargone ? (13/01/2006)
Au
cours de mes réflexions et divagations, je me suis laissé allé à
rechercher dans l'oeuvre de Klee ( un de mes peintres préféré autant
pour ses oeuvres que pour ses écrits théoriques et autobiographiques -
voir biblio - ), des traces/similitudes avec mes questionnements
concernant le premier Principe K...
Paul Klee, dans sa jeunesse ( wikipédia ). Cliquez sur l'image pour obtenir plus dinformations sur ce peintre.
[l'ordre par principe] "Les énergies linéaires se rassemblent en lui en un flot puissant et
remplissent l'espace aérien en se déployant librement en hauteur
. L'articulation possède donc, par nature, des ramifications multiples.
Sans loi précise qui lui permette d'utiliser le maximum d'espace et de
lumière. Les feuilles, sont des lobes plats, l'ensemble étant dans le
même but, structuré sur le modèle des poumons, des branchies, des
spores.
Tout cet organisme, toute cette figure qui fonctionne de l'intérieur
vers l'extérieur ou inversement, sera désormais notre exemple.
Apprenons :
- Toute la forme résulte d'une base, la base issue de la nécéssité
interne. Il existe un besoin sous-jacent. Il ne s'agit pas d'un jeu
futile avec un certain nombre de résultats, c'est au contraire un moyen
actif et nécéssaire pour arriver à la forme.
- Reprenons l'exemple de la feuille et considérons l'articulation : si
l'on procède en partant des éléments primaires vers les éléments
secondaires, on peut observer un caractère structurant qui se modifie
peu à peu. Plus précisément, nous allons de la spécificité à la
pluralité, du simple au multiple.
- Si l'on se place du point de vue de la création formelle, la limite
se situe quelque part entre l'élément linéaire et l'élément plan ( si
l'on se place du point de vue de la structure, la limite se situe
quelque part entre la structure particulière et la structure de masse).
( extrait de ' Héritage pédagogique (Ordre par principe), 1923 [
Gliederungscharaktere des Blattes ] [Caractères articulés de la feuille
], d'après traduction extraite du livre 'Paul Klee et la nature de
l'art', Edition HAZAN, 2004 )
Reproduction de la figure accompagnant le feuillet
J'ai reproduit (l'édition du feuillet original est trop clair pour le scanner ) la figure accompagnant ce texte ).
On voit que Klee s'inspire pour son principe de l'architecture d'une fleur de la famillle des ombellifères.
On peut, à mon idée, faire un rapprochement avec ce que l'on a appelé
"premier principe Kolargone" : La figure de Klee représente qu'une
moitié de la figure et qu'un cas particulier ou les branches sont de
longueurs égales et les angles de même valeur. Il dit cependant "qui
fonctionne de l'intérieur vers l'extérieur et de l'extérieur vers
l'intérieur'.
Je n'ai pas trouvé de trace de formalisation autre que le texte
précédent ( qui parlerait explicitement des trois points qui
caractérisent le premier principe : dissociation, association et synchronicité ...si jamais quelqu'un qui lit ces lignes en a entendu parlé, faites le moi savoir, merci ! ).
J'ai reproduit ci-dessous le cas particulier dans le contexte du
premier principe, qui correspondrait donc selon moi, à la figure de
Klee :
Un cas particulier du PK : égalité des branches et des angles.
En cherchant un peu, j'ai trouvé également cette figure qui me semble
se rapprocher plus du PK, datant de 1927, et intitulée 'lustres'.
Lustres, Paul Klee, 1927.
On peut lire, "Dans son journal (1898-1918), Klee rend compte des
leçons qu'il tire de la nature, tout en tentant de ne pas affaiblir son
expression personnelle. Il cherche une loi générale, liée à la nature
mais qui soit aussi purement plastique. Il cherche à établir un pont
entre l'étude de la nature et le style personnel.
Ce lien est une manière de retrouver la nature et les impressions en
général dans sa peinture, sous une forme plastique et non plus
naturaliste.
Enfin, ce qui me paraît extrêmement intéressant dans l'oeuvre de Paul
Klee, c'est l'intérêt permanent qu'il portait à l'évolution de la
science ( à l'époque l'ADN n'avait pas encore été découvert, mais la
physique était en pleine révolution avec les théories de la relativité,
et le travail et les réflexions de Klee dépassent finalement largement
le cadre "traditionnel" des préocupations d'un peintre.
[Schéma Moi-Toi-Terre-Univers] ([Schema Ich-Du-Erde-Welt]), Héritage pédagogique (mécanique picturale ) ( d'après Traduction dans l'édition folio de 'théorie de l'art moderne' )
Réflexions concernant le rapport entre la structure du système nerveux et le PK (13/01/2006 )
Selon la neurobiologie, les sensations perçues par nos différents
organes des sens - que celà soit des sensations externes ( vue,
toucher, odorat, ouïe ) ou internes ( sensations provenant du corps ) -
sont transduites dans le système nerveux sous forme de séquences de
potententiels d'actions, qui sont des dépolarisations brèves ( quelques
millisecondes ), d'amplitudes quasi-constantes, circulant en sens
unique le long des cellules spécialisés que sont les neurones.
Le cerveau humain, qui est constitué d'un amas de centaines de
milliards de ces neurones, fortement inter-connectés entre eux ( le
nombre de connections serait évalué à 10 exposant 15 ! ) au niveau de
jonctions ( en général chimiques ) appelées 'synapses', est considéré
par de nombreux scientifiques comme le système le plus complexe connu à
ce jour dans la nature.
Malgré la complexité des connections entre ces neurones - notamment
entre les neurones du cortex cérébral, zone la plus périphérique du
cerveau - certains neuro-physiologistes cognitivistes, comme G.M.
Edelman ( voir section biblio)
souligne le rôle majeur que pourrrait jouer la "boucle
thalamo-corticale" dans les processus cognitifs, et notamment dans le
phénomène de la conscience ( on note que cet auteur prend bien garde de
ne pas aborder la notion de "libre arbitre" ).
En simplifiant les choses, le cerveau pourrait être envisagé comme une
sorte d'oscillateur multi-canal, possédant des entrées (perception) et
des sorties (actions).
Boucle thalamocorticale, d'après Edelman ...
Boucle thalamocorticale, en simplifiée ...
Existe-t-il un lien entre ce que nous avons défini comme le premier principe Kolargone, et la structure du système nerveux ?
Celà expliquerait l'omniprésence du premier principe : il ne
correspondrait pas à une réalité ultime de la nature, mais plutôt à une
limite de notre possibilité d'entendement des choses, qui pourrait être
finalement due à l'architecture et au fonctionnement du système
cognitif humain.
Bien entendu, cette réflexion n'est pas scientifique puisqu'elle tente de relier, par une réflexion analogique,
deux phénomènes ( si l'on peut considérer le premier principe comme un
phénomène ! ) à priori indépendants. Cependant, et encore une fois,
dans ce cadre artistique ( "scienti-poétique" pourrait-on dire ) que
constitue la recherche des "principes kolargones", nous revendiquons le
libre jeu de la pensée, et ne prétendons à la découverte d'aucune certitude.
Dès lors, la question qui se pose sous cette vision des choses, sera
peut-être : quel lien existe-t-il entre le potentiel d'action ( cette
dépolarisation qui se déplace le long des cellules nerveuses ) et cette
entité que l'on avait désigné comme le "point", ( et que l'on désigne
comme l' Attracteur Ponctuel d'Attention dans le fonctionnement du
système APA ) lors de la définition antérieure du "premier principe
Kolargone".
Premier Principe Kolargone et architecture neuronale : un rapport ?
Lorsque j'en discute autour de moi ( difficile de se détacher d'une obsession ), j'entends souvent répondre: "mais
l'existence d'une tel principe unificateur n'est pas possible, il faut
que tu comprennes que tu simplifie trop les choses, le système cognitif
est beaucoup trop complexe pour pouvoir rammener les choses à un
principe essentiel, et d'autre part tu négliges les différences
inter-individuelles, qui sont dues à l'histoire de chaque individu et
qui ont modifié les poids des connexions synaptiques
de son réseau neuronal d'une manière unique...il est inutile et
utopique de chercher un principe ..."
Ou bien encore et c'est le plus courant, "si un tel principe existe, je préfère ne pas le savoir..."
La seconde réponse me laisse perplexe, et il n'y a a priori rien à y
répondre : effectivement, il est vrai que l'on peut choisir de
considérer que l'on en sait déjà suffisamment sur les choses, que le
monde est très bien tel qu'il est, et qu'il est inutile de se poser des
questions plus avant. Je ne suis pas de cet avis, donc je passe et
tente d'avancer...
Mais concernant la première, même si je suis d'accord avec l'idée que
la recherche est peut-être vaine, et utopique - c'est ce qui fait son
charme à mes yeux - il me semble au contraire que, même si abordé sous
un certain angle, le système peut effectivement apparaître comme
hyper-complexe - et il suffit de regarder une cartographie des
connexions neuronales pour être stupéfait par le nombre
d'inter-connexions et le manque de logique apparente qui semble les
régir - il existe cependant bel et bien, quand l'on prend le système à
un autre niveau, une caractéristique simple et s'appliquant sur
l'ensemble du système :
Le système cerveau est constitué d'un ensemble d'éléments, les
neurones, a priori similaires au moins dans leur fonctionnement de base
- qui est la transmission des potentiels d'action - et qui sont reliés
entre eux par des associations et des dissociations, et le long desquels circulent au cours du temps des "unités" fondamentales que sont les potentiels d'action.
De plus, même si les inter-connexions sont extrêmement complexes, on
distingue l'existence d'un certain ordre, notamment dans la boucle
thalamo-corticale.
le système cognitif
( en tout cas lorsqu'on le considère à ce niveau "neurophysiologique",
sans tenir compte d'éventuelles réflexions plus "philosophiques", que
l'on abordera éventuellement par la suite ) de tous les humains est
similaire sur ce point là en tout cas.
La question que je me pose alors serait peut-être, "dans mon expérience subjective de tous les jours, est-ce que je peux dicerner l'existence de cette organisation sous-jacente ?"
En rapprochement de celà, je lisais un peu plus tôt un "dossier spécial
pour la science" n°38 (traduction française de Scientific America ).
Un des chapitres est intitulé : " les dimensions cachées de l'univers
et la gravitation". Le sous titre est 'L'univers est-il une membrane
qui flotte dans un espace de dimension supérieur ? Des physiciens
explorent expérimentalement les dimensiosn supplémentaires afin
d'unifier les forces de la nature. Ils envisagent l'existence d'univers
parallèles."
Même si je ne suis pas spécialiste en physique, celà me rappelle
également les théories (relativement anciennes ) du physicien David
Bohm, qui proposait une interprétation en termes de variables cachés
pour la mécanique quantique. On trouve deux articles, plutôt positif,
concernants les idées de Bohm respectivement dans les deux excellents
livres "intrusions spiritualistes en sciences" et "les matérialistes et
leurs détracteurs" ( voir biblio ), par le physicien Bricqumont ( qui
était je crois co-auteur de 'imposture intellectuelles' avec Sokal, il
y a quelques années ).
Mais ce qui me semblait intéressant surtout, c'est cette idée,
qu'effectivement, si on y réfléchit, tout ce que l'on peut percevoir de
la réalité, se fait à travers notre système cognitif, qui évidemment
est surement très limité, et ne peut surement pas percevoir toutes les
dimensions de la nature. Et ce qu'il perçoit, il le structure. Ce que
je conçoit comme cette fleur dans ma main est surement bien plus que
celà en réalité. Je n'en perçoit qu'une infime portion.
Albert Einstein disait « Ce qu'il y a de plus incompréhensible dans
l'Univers, c'est qu'il soit compréhensible. » . Mais vu sous un certain
angle, ce n'est peut-être pas réellement l'univers qui est
compréhensible, mais belle et bien la représentation que l'on peut s'en
faire avec notre propre système cognitif. D'où, le fait que l'on puisse
le comprendre correspond peut-être avant tout au fait que, puisque les
loies mathématiques et physiques que j'utilise pour appréhender ma
représentation de l'univers, sont elles mêmes fondées sur les mêmes
principes de représentation ( eux même complétement dépendants des
contraintes cognitives ), il n'est peut-être pas si incompréhensible (
celà pourrait même paraître normal ! ) de constater, une sorte de
"résonnance", ce que l'on désigne par le mot "compréhension"...et qui
finalement serait peut-être avant tout une compréhension du
fonctionnement de notre système cognitif. Ainsi, peut-être des
questions telles que "existe-t-il un lien entre les particules
élémentaires, telles que les photons, 'observées' ( ou plutôt dont
l'existence est déduite de leurs expériences ) par les physiciens, et
les potentiels d'action du système nerveux ?" sont peut-être plus
pertinentes en réalité qu'elles n'y paraîtraient au premier abord ?
L'erreur serait alors précisément de croire que c'est l'intégrité de
l'univers que l'on comprend, quand il ne s'agit que d'une petite
fraction de celui-ci, que d'une petite membrane dans un ensemble
extrêmement plus vaste. Bien entendu il ne s'agit absolument pas de
remettre en cause la nécéssité et l'intérêt de la recherche
scientifique, mais plutôt de mieux comprendre sa limite et son domaine
d'action...
Finalement, est-ce qu'un jour des domaines comme la théorie des
ensembles en mathématiques, pourraient être abordés et commentés sous
le jour des neurosciences ? et est-ce que la grande unification dont
rêvent tous les physiciens pourra se faire réellement sans l'intégrer
au sein des sciences cognitives ? ...bon en tout cas je vais me
coucher...
Kolargonisme et évolution biologique ? (02/02/2006 )
Kolargonisme et évolution des formes du vivant
Les 3 premiers modèles d'après le livre de Ridley, "Evolution" ( voir biblio ).
Les 3 derniers modèles issus d'une application du Principe K ( principe K étendu ).
Explications :
(a) Dans le fixisme, les différentes espèces ( qui sont des formes du vivant ) sont créées à l'origine ( = créationisme ) et sont actuellement
telles qu'elles ont été crées à l'origine. Leurs formes ne se sont pas modifiées au cours du temps.
(b) Dans le transformisme,
différentes espèces ont été crées à l'origine, mais ont évolué au cours
du temps et se présentent à nous sous des formes nouvelles.
Il n'existe cependant pas d'ancêtre commun.
(c) Selon la théorie de l'évolution,
toutes les espèces dérivent d'un ancêtre commun, dont les descendant
ont divergé à certain moment de l'évolution.
La théorie néo-darwinienne explique ces changement par des mutations
génétiques ayant donné naissance à des espèces plus ou moins aptes à la
survie. Seuls les plus aptes
Donneront naissance à de nouvelles espèces par la suite. Ont voit ainsi
que certaines branches s'arrêtent en chemin. Ainsi par exemples les
dinosaures ont disparu il y a 65 Millions d'années.
Selon les partisan du Lamarckisme, il existerait une transmission des
caractères acquis, c'est à dire que les mutations serait orientées par
un mécanisme inconnu, de manières à donner des descendant mieux adaptés
au milieu.
Selon les partisans d'un darwinisme pur et dur, les mutations se
feraient de manière aléatoire, seul la sélection naturelle sélectionne
les individus les plus adaptés.
Ce type de morphologie de l'arbre évolutif peut ainsi correspondre à différentes théories explicatives.
(d) On applique la morphologie "kolargone", c'est-à-dire que l'on
ajoute, en plus des dissociations, des associations. Celà veut dire
qu'au niveau des formes il existe des convergences.
J'appelle ce modèle "kolargonisme faible",
puisqu'il ne correspond pas au premier principe kolargone dans sa
version initiale : il n'existe pas de convergence vers une seule forme
finale.
Bien sur, ce type de morphologie est peut probable, cependant la
question se pose tout de même : est-ce-qu'il existe des preuves
permettant de le réfuter ? En y réfléchissant, je ne crois pas.
Au niveau paléontologique, les données sont très maigres, les séries
évolutives rares, et comment prouver l'inexistence d'une convergence
évolutive ?
Bien sur un argument évident serait de se dire : mais comment deux
espèces pourraient converger vers une seule ? Celà n'a jamais été
observé dans la nature ! Mais il faut noter que la spéciation,
c'est-à-dire l'apparition de deux èspèces à partir d'une seule n'a
jamais été observée non plus.
Bien entendu, concernant la spéciation, des modèles, comme l'isolat
géographique ( proposé par E.Mayr) semblent pouvoir l'expliquer de
manière pertinente...il resterait donc à trouver un modèle pertinent
pour la convergence ! j'avoue ne pas en avoir sous la main ...pour
l'instant.
(e) En appliquant la version initiale du premier principe, on obtient le Kolargonisme anthropique fort.
En fait il est évidemment impossible : comment l'humain pourrait-il
survivre si il se retrouvait la seule espèces sur la planète ! Si l'on
désire absolument rester partisan de ce modèle, on pourra toujours
prétendre que lorsque la technologie sera suffisamment développée,
l'humain sera technologiquement capable de générer par synthèse
artificielle des composés carbonés nécéssaire à sa survie, de réguler
la teneur en oxygène de l'atmosphère, etc .Reste que la planète serait
bien triste sans les autres organismes. En y réfléchissant, n'est-ce
pas vers celà, mais d'une autre manière ( en coupant les autres
branches ! ) que l'on se dirige ?
(f) Dans le kolargonisme anthropique restreint, il existe une convergence vers la forme humanoïde, mais qui ne s'applique pas sur toutes les branches.
L'idée est la suivante : si les dinosaures n'avaient pas disparu par
exemple, y aurait-il eu, à un moment ou à un autre, orientation de
l'évolution d'une branche de dinosaure vers une forme humanoïde ? Après
tout, beaucoup d'entre eux avaient déjà commencé à marcher sur deux
pattes.
Bien entendu, cette morphologie évolutive n'implique en fait pas du
tout que la convergence se fasse forcément sur la forme humanoïde. Je
parle de Kolargonisme anthropique, mais il pourrait en fait s'agir de
Kolargonisme Cétacisque, ou chimpanzique ( voir bonobique ce qui serait
peut-être une meilleure perspective ).
Simplement il faut bien constater qu'en terme de complexité neuronale (
prise sous l'angle du nombre d'interconnexions neurales estimées dans
le cerveau ) l'humain possède une place privilégiée.
Bien entendu, les reproches que l'on fait souvent, à se type de vision sont :
- De constituer une vision finaliste
- De situer l'homme comme le centre de l'univers
Concernant le premier argument, il est effectivement vrai que ce type
de vision d'une évolution "anthropique" est souvent invoquée par des
motivations d'ordre religieuse. Cependant, il me semble absolument faux
de penser qu'elle l'implique forcément. Il me semble qu'il s'agit là
d'une "fausse association", qui en elle même peut-être dangereuse
lorsqu'elle est simplement motivée par une "peur" du changement de
point de vu. ( on condamne alors la théorie en lui attribuant des
motivations qu'elle n'implique pas, le problème étant lorsque cette
condamnation est elle même motivée par un non-dit, à savoir, la peur du
changement de point de vu dans ce cas )
Ainsi, il ne me semble pas qu'une vision de l'évolution biologique
sous l'angle d'une convergence vers la forme humanoïde soit forcément
finaliste et implique une quelconque nécéssité de faire intervenir une
croyance en l'action d'une force divine : si je prends une pomme et que
je la lâche, elle tombe au sol. Newton à formalisé des lois
scientifique pour expliquer ce phénomène. Pourtant avant lui, les
pommes tombaient déjà au sol, la loi n'était pas connue.
On aurait pu reprocher à Newton de vouloir faire intervenir une
finalité en formalisant cette loi. Pourtant il n'en était rien...je ne
sais pas si l'analogie est très bonne mais l'idée est avant tout que ce
n'est pas parceque quelquechose peut être régi par
une loi que je ne connaît pas, que l'on doit forcément l'ignorer - ou
en tout cas rejeter l'hypothèse sans l'envisager sérieusement - et
attribuer directement cette action à l'existence d'une loi divine. Il
s'agit d'un type de pensée dichotomique incapable d'envisager les chose
de manière nuancée.
La science a depuis sa création libéré les esprits des pensées
dogmatiques et manipulatrices, en découvrant, à l'aide du raisonnement,
sans cesse de nouvelles loies dans le fonctionnement de la nature. Elle
n'en est surement qu'à ses babutiements, et l'esprit scientifique se
doit avant tout d'être convaincu du
caractère éphémère des connaissances du moment : car tout ce que l'on
sait, c'est qu'une théorie se verra systématiquement dépassée par une
autre. En l'ocurrence, le "kolargonisme anthropique" n'est qu'un jeu de
pensée ( qui, on l'a dit ne peut pas, et ne souhaite pas relever de la
science ), mais il ne s'oppose absolument pas à la théorie synthétique
de l'évolution. Tout ce qui la constitue est conservé.
Pour ma part, je pense qu'une analogie avec le "jeu de la vie" ( voir Conway game of life
est relativement pertinente pour comprendre l'idée de base: dans ce
système, les 'créatures' appelées les "gliders" émergent très souvent,
quelquesoit le germe de départ employé. Celà ne veut donc pas dire ni
que le programmeur du jeu avait à l'esprit de produire des "gliders",
ni que ces gliders recquiert l'action d'une force spirituelle,
et encore moins que ces "gliders" soient à considérer comme le
"sommet", ou comme "meilleurs" que les autres structures qui peuvent
émerger. Simplement, il faut constater que cette emergence a lieu.
Dans ce jeu, on constate également que si l'on change les règles de
base, d'autre type de créatures vont être favorisées...peut-être en
est-il ainsi dans le cosmos également, que dans cet univers, c'est la
forme humanoïde qui constitue le point de convergence, mais qu'il
existerait une multitude d'autres univers ou les formes convergentes
soient tout autres.
Et précisément c'est là que les choses sont paradoxales : si
effectivement il en était ainsi, le fait de nier cette réalité d'une
convergence de l'évolution de la vie vers la forme humanoïde dans cet
univers, serait précisément une tentative pour se maintenir, nous,
humains de la terre, comme une exception, unique, c'est-à-dire, se
placer au centre de l'univers ?
Devant une telle proposition, on pourra bien entendu être
certain de trouver des objecteurs contre une vision à laquelle on
reprocherait de situer l' "homo sapiens sapiens" au centre de
l'univers, conception à laquelle la vision darwinienne de l'évolution
biologique semblait présicément nous permettre d'échapper. Mais notons
toutefois, que cette vision darwinienne justement, où l'homme est le
fruit d'une évolution au hasard, justifie également l'idée, que, même
si d'autres formes de vie pouvaient avoir émergé en d'autre lieux, sur
d'autres planètes dans l'univers, la forme humanoïde serait un cas
isolé, particulier et unique. Or, cette conception ne porte-t-elle pas
en elle également l'idée d'un caractère exceptionnel de l'homme. Ne
peut-elle être elle aussi considérée comme issue d'une certaine
"prétention" de l'homme terrestre à vouloir absolument se vouloir
unique et seul forme humanoïde dans l'univers ? N'est-ce pas là le
genre d'idées contre lesquelles durent se battre, à une certaine
époque, ceux qui pensaient que la Terre n'était pas au centre de
l'univers ? Il est amusant de se dire que cet ancien modèle d'une Terre
au centre de l'univers constituait également, même si il ne sagissait
pas d'une raison invoquée à l'époque, une vision des choses obeissant à
un certain principe de parcimonie, principe très important en science
lorsqu'il s'agit de choisir entre plusieurs hypothèses. Bien entendu,
c'est la preuve scientifique qui a pu faire basculer à terme la vision
des choses, de la même manière que ce furent le preuves constituées par
les fossiles de la paléontologie, qui permirent de comprendre la
réalité du phénomène de l'évolution naturelle. Quand à trouver la
preuve de l'inexistence, ou de l'existence du "Kolargonisme
anthropique", c'est une autre affaire ! il va falloir attendre encore
un peu que le temps s'écoule...
Bien entendu, il ne s'agit ici que d'une hypothèse "artistique", une
création conceptuelle qui se veut appartenir au domaine l'art
contemporain. D'ailleurs, il se pourrait également que la convergence
se fasse sur une autre èspèce que l'hommo sapiens. Je l'ai simplement
choisi car il présente la complexité nerveuse la plus grande, mais celà
pourrait tout aussi bien être..le singe bonobo ( on parlera alors de
"kolargonisme bonobique" ) ou la limace ( "kolargonisme limacique" ).
Un jeu de l'esprit. Notons cependant, que beaucoup d'éminnents
scientifiques ont eu, de part le passé, des discours relativement
critiques concernant la théorie Darwinienne, par exemple :
>> Karl Popper :
Son analyse épistémologique des théories scientifiques a démontré le
caractère ascientifique du Darwinisme. Darwinisme et psychanalyse sont,
pour le poppérisme les paradigmes de sa théorie de la réfutabilité,
critère de scientificité.
"Une théorie est confirmée si nous sommes incapables de découvrir des
faits qui la réfutent, plutôt que si nous pouvons trouver des faits qui
l'étayent. Une théorie qui ne prête pas le flanc à une possible
réfutation, n'est pas scientifique...Le Darwinisme n'est pas une
théorie scientifique testable, mais un programme métaphysique de
recherche, cadre possible, par des théories scientifiques
réfutables...L'hypothèse évolutionniste n'est pas une loie universelle
de la nature, mais une assertion de même statut que l'assertion
historique " Charles Darwin et Francis Galton avaient un grand père
commun". Toutes les loies darwiniennes de la nature sont des
hypothèses, mais les hypothèses ne sont pas des loies.
La recherche de la loi de l'ordre invariant dans l'évolution ne peut
pas rentrer dans le champs de la méthode scientifique, que ce soit en
biologie ou en sociologie. Les raisons sont très simples : l'évolution
de la vie sur terre ou de la société humaine, est un processus
historique unique."
note : Pour ma part, j'ajouterai tout de même un bémol, car
il me semble que concernant la psyvhanalyse, le fait est chacun est
libre de tester sur lui-même la validité de la théorie, ce qui n'est
pas le cas pour les théories concernant l'évolution biologique.
Effectivement, concernant la psychanalyse, il ne s'agirait pas
réellement d'une science, puisque'il n'y a pas possiblité de réfutation
par des preuves objectives.Cependant, l'expérience subjective ne
pourrait-elle pas constituer une preuve ..subjective ?
>> Joseph Grasset :
"Le succès des faits observés et des idées émises par Charles Darwin a
été si grand et si rapide qu'on a pas toujours soumis toutes ces
doctrines à un contrôle très sévère...il semble que l'humanité ne
puisse se passer de dogmes."
>> Jean Rostand : "Ce qu'il y a de
fantastique, de fabuleux, disons de miraculeux, dans le fait si
froidement et calmement reçu d'ordinaire que l'humanité provienne d'un
invisible grouillement, est qu'une mare d'amibe, avec l'aide de
beaucoup de sciècles, soit devenue l'Académie française...
La théorie Darwinienne fut accueillie avec soulagement par tous les
rationalistes, auxquels elle fournissait le moyen d'écarter la
classique preuve de Dieu tirée des harmonies et des adaptations
vitales. La fameuse montre de Paley s'était montée seule sans horloger
...Mais le Darwinisme aboutissait à bien plus gràve que d'expulser de
la nature le vieux créateur personnel : il en banissait toute trace
d'esprit, il la dépouillait de signification interne. Le transformisme
est la seule explication acceptable du monde vivant. Il y a encore des
dissidents au dogme [ Darwinisme ] et j'avoue que je me range parmis
eux ...je me refuse à voir dans le monde organisé l'oeuvre de la
sélection naturelle." (1959, extrait de la préface du livre de G.B.
Show Mathusalem ' pentateuque métabiologique' ).
Le Premier principe étendu : on voit que la structure du premier principe ( en gras ) est
contenue dans celle
du second principe ou principe étendu. Le système cohérent spatialement
et temporellement est en fait inclu dans un système plus vaste, et ne
correspond qu'à une certaine fenêtre d'observation des événements.
On ne peut pas forcément considérer qu'il existe un début et une fin, le principe est en expansion permanente.
Le modèle de l'univers associé au premier principe étendu est plus optimiste : l'expansion est infinie. On
peut imaginer qu'il y a eu un big-bang au départ, cependant, cela n'est
pas obligatoire puisque'on a vu qu'il ne nécéssitait pas forcément de
'commencement'.
Cependant celà cadre mieux avec les données scientifiques actuelles ( existence du rayonnement fossile ).
Stimulation de l'aire V1 ( 25/10/2005 ) ...en cours d'écriture
Ci-dessus, schéma des premières étapes des voies nerveuses visuelles.
L'information créée par l'action de la lumière sur la rétine est
véhiculée jusqu'au cortex visuel strié en passant par les corps
genouillés latéreaux.
Au niveau du cortex visuel strié, on peut conclure par l'examen des
potentiels d'électrode, qu'il existe une organisation fonctionnelle
sous forme de colonnes d'orientations. Sur une même colonne, tous les
neurones ( cellules spécialisées du système nerveux ) répondent
globalement à une orientation préférentielle d'une barre lumineuse.
Lorsque l'éléctrode se déplace tangentiellement, c'est à des
orientations progressivement différentes que les neurones répondent.
Victoire sur l'inertie
Ainsi, toute image, comme par exemple "victoire sur l'inertie"
(ci-dessus ) va générer une certaine configuration d'activations
neuronales. Ici, le dessin étant très pauvre en couleurs, et
l'information étant essentiellement contenue dans la forme, la
configuration d'activation neuronale particulière à cette image sera
essentiellement localisée dans l'aire spécialisée dans le traitement
des caractéristiques de formes et d'orientations du cortex strié. On
peut ainsi, en fonction de l'image présentée sur la rétine, pratiquer
une certaine "gymnastique neuronale" relativement précisément sur le
cortex.
On a vu que finalement, toute structure peut être interprétée sous l'angle du Premier Principe. On
peut faire une analogie avec la génération d'une image sur un poste de
télévision : elle est construite par balayage horizontal et vertical de
l'écran par les électron du canon. Et n'importe quelle image peut-être
ainsi construite. Un chien, un visage, etc...
Mais on pourrait imaginer - même si techbiquement celà ne présenterait
pas d'intérêt - que l'image soit construite suivant le principe K.
Ainsi le résultat serait le même, mais le principe gouvernant sa génèse
différent.
La tradition veut qu'un projet appartienne à une catégorie.
Ainsi on devra dire si un projet est scientifique, artistique,
métaphysique, etc ...On voit que l'important est de le rattacher à un
mot se terminant en 'ique'.
Concernant le projet "principes Kolargones', il semblerait a
priori, et logiquement, qu'il s'agisse en fait d'un projet
'kolargonique'.
Cependant, celà peut également paraître insuffisant. Le mot en 'ique'
que l'on utilise pour décrire le projet doit également être 'déjà
existant'.
C'est comme la surface de la terre : elle est divisée en pays et chacun
doit appartenir à l'un de ces pays...inutile d'inventer un pays, cela
ne fonctionne pas. Celà peut même créer de gros problèmes.
Donc, il faut choisir entre un certain nombre de cases, déjà préétablies.
La case la plus appopriée pour le projet 'principes Kolargones' sera
donc celle de "l'art contemporain", domaine qui reste, de part son
(in)définition même, relativement large, aux frontières suffisamment
floues pour garantir une certaine liberté d'action.
Le projet est donc "artistique".
Si il faut encore le rallié à un mouvement artistique, nous choisirons peut-être celle du "nouveau réalisme" :
En fouillant sur le net on trouve quelques infos sur ce mouvement, notamment sur la page http://www.artsophia.com/mouvement%2Dart%2Dcontemporain/
Afin d'être plus clair et précis - ce qui est une chose importante dans
la vie - on peut reprendre les différents points cités dans cet article
et tenter de trouver une correspondance avec la structure de notre
projet : a) Démarche :
- Le support :
Il est dit: "le
support, c'est le monde lui-même, ce qui les entoure, et c'est le choix
que peut en faire l'artiste qui va lui donner son statut d'œuvre d'art."
Nous choisirons donc "le monde" comme support.
- Le geste :
Il est dit "Le
geste ensuite, n'est plus un geste pictural mais un geste
d'appropriation, décidé par le créateur pour prendre un morceau du réel
et le transformer en œuvre grâce à un certain nombre d'actes
spécifiques de chacun des Nouveaux Réalistes"
Celà nous convient parfaitement mais on peut faire deux petites disgressions :
* Gardons le geste d'appropriation, mais considérons que le geste 'pictural' fait partie de ces gestes d'appropriation du réel.
* Entendons par morceau du réel, plutôt, "intégralité du réel" .
- Les origines :
Il est dit "chaque
protagoniste s'affirme au départ par un geste extrême d'appropriation
du réel sur lequel il fonde ensuite tout le système syntaxique de son
langage"
Peut-être ce geste extrême peut-il être considéré dans notre cas comme
ce que nous avons défini précédemment comme le "principe Kolargone".
b) Language :
Il est dit "Le langage repose
métaphoriquement sur une série de verbes qui constituent les actions de
chacun des artistes et justifient leur démarche. Au-delà de
l'appropriation banale, ils interviennent sur le réel pour le
transformer.
", puis sont énumérés , pour chaque artiste, les verbes qui lui correspondent :"
"Accumuler" pour Arman, "Presser" pour César , "Cacher" pour Christo,
"déchirer", "lacérer" pour le groupe des "affichistes", Piéger" pour
Daniel Spoerri , etc...
Nous choisirons donc évidemment le verbe "Kolargoniser".
3) Le principe de dissociation peut 'expandre' ce tracé
4) Le principe de d'association peut 'joindre' ce tracé
5) En utilisant conjointement les principes d'association et de dissociation on peut obtenir des tracés complexes
non figuratives
ou figuratives
6) Enfin, si on considère par exemple que la couleur de la ligne peut changer (devenir blanche ),
même un tracé discontinu peut en réalité être bati suivant ce principe
Dans la suite de nos recherches, nous appelerons "Kolargone", la source de la créativité. Nous
ne voulons pas présummer a-priori de l'essence de cette source, mais
avancer dans sa découverte, en procédant a une recherche combinant
raison et intuition.
La nature du Kolargone ne va absolument pas de soi, et il semble pour
l'instant que ce que chacun en pense ( dans le cas ou on y pense ! )
relève souvent d'une conviction inculqué que d'un réel questionnement
autonome.
On peut ainsi distinguer grossièrement deux types d'idées générales:
- Pour certains, cette "source de la créativité" relèverait d'un ordre
transcendant, indescriptible en termes physico-chimiques. Ces personnes
la désignent d'une manière plutôt vague, par des mots tels que "âme",ou
"Dieu", difficilement réductibles, pour l'instant en tout cas, à une
description matériérialiste.
Le probleme serait, sous cette interprétation, de comprendre comment
intégrer cette source, à la description matérialiste, prédominante
actuellement.
- Pour d'autres, il semblerait que la "créativité" ne rentrerait pas en
contradiction avec une description en terme matérialistes, c'est-à-dire
qu'elle pourrait être, selon eux, abordable sous un angle
"scientifique".
Il s'agirait en quelque sorte d'un "processus". Ainsi par exemple, la
créativité dans la nature - au sens de la génèse des formes animales,
minérales, etc ... -, sera expliquée par la théorie néo-darwnienne, en
faisant intervenir comme moteur de la bio-diversité, des processus
relevant du hasard : des mutations - dans une large mesure aléatoires -
de l'information génétique , vont créer a chaque génération, des
'variants'
par rapport au type parental, dont les plus aptes à la survie donneront
une nouvelle génération. L'environnement constitue dans ce cas un
crible qui sélectionne parmis ces "variants". D'une manière similaire,
lorsque l'on s'intéresse à la créativité d'un individu ( créativité
artistique ou autre ), les sciences cognitives, vont évoquer par
exemple la TSGN, "Théorie de la Sélection des Groupes de Neurones",
semblable pour beaucoup de points, à un 'darwinisme neuronal' ( voir
Edelman) : c'est également l'environnement, en quelque sorte représenté
ici par l'histoire de chaque individu, qui va 'cribler' le réseau
neuronal chacun, d'une maniere unique, en fonction de son histoire.
Ainsi, sous cette vision, Le problème devient ici plutôt de savoir
comment est interpreté le "libre arbitre" dans ce cadre totalement
déterministe : Faudrait-il abandonner cette notion ?
Ou l'on explique le caractère 'subjectif' et introspectif' de la recherche, dont le point de départ est un ressenti, par l'observateur, de l'existence d'un principe de structuration sous-jacent et commun à des domaines a priori différents.
Ou l'on présente un premier principe de structuration, caractérisé par une discrétisation de la structure sous forme d'événements, reliés entre eux par des liens.
Ou l'on insiste sur l'éventuelle description de la dimension temporelle sous la forme des intervalles inter-événements et sur la spécificité de cette approche.
Le "Principe Kolargone" (on utilisera l'abréviation PK par la suite ), défini en 2001 comme première direction de notre travail artistique de réflexion sur la notion de structure, est assimilable a un principe que l'on pourrait qualifier de principe 'morphogénétique', c'est-à-dire susceptible de rendre compte de la génèse des formes, la notion de 'forme' étant ici entendue au sens large de 'structure'.
On propose donc un premier principe est basé sur l'utilisation de deux transformations simples : l'association et la dissociation. L'idée est la suivante : toute forme peut être interprétée sur la base de ce principe, en la considérant comme une structure d'événements, ou 'points', reliés entre eux, et associé à une dynamique temporelle de parcours de ce réseau.
Certaines « lectures » seront qualifiés de 'cohérentes', lorsqu'elles présentent une stabilité ou répétition au cours du temps. D'autres ne le sont pas, c'est-à-dire qu'elles vont soit s'annihiler en un certain point, soit évoluer indéfiniment sur un mode chaotique, non déterminable autrement que par la modélisation .
Il est important de noter que ce principe ne fait pas de distinction entre ce qui relève de l'espace et du temps. Le temps est considéré essentiellement sous le point de vu de l'intervalle entre événements, et, à ce titre, on proposera de l'assimiler à un simple paramètre de chaque événement 'point'.
Pour mieux comprendre l'approche un peu particulière que nous adoptons ici, et que l'on qualifie d'approche 'esthétique', essayons de donner quelques interprétations de "formes" ( le mot 'forme' est ici utilisé au sens large, et on ne se limite bien entendu pas simplement à des formes visuelles ) envisagées à la lumière du PK :
- Pour un point sur une feuille, les paramètres pourront être sa forme, sa couleur, sa largeur, sa hauteur, sa dynamique de translation vers le point suivant.
- Pour la "pensée" envisagée d'une manière plus générale, on peut considérer le parcours de l'attention, d'une idée à une autre, se scindant à certains moments, et s'unifiant à d'autres. Les paramètres seraient ici les caractéristiques de ces idées ( on présupose évidemment ici la validité d'une description de l'idée comme une entitée caractérisée par un certain nombre de paramètres ).
- Pour la musique, les points pourraient être constitués par les notes, les paramètres étant leurs hauteurs, leurs timbres, les quantités appliquées de tel ou tel effet.
- Pour l'image de synthèse les points sont situés par exemple dans un espace a 3 dimensions, et possèdent un certain nombre de paramètres comme la hauteur, la largeur, la couleur, la transparence.
- Pour un scénario, les points pourraient être les positions des acteurs, la manière dont ils se déplacent au cours du temps et les uns par rapport aux autres, se rapprochant ou s'éloignant, leurs paramètres pouvant être, par exemple, les paroles qu'ils prononcent, l'attitude qu'ils adoptent, etc ...
- Pour les mathématiques, les points pourraient être par exemples les termes d'une équation ou d'une démonstration.
On voit tout de suite, que ce premier principe est bâti sur deux présupposés :
1) Les structures sont discrétisées : elles sont constituées d'événements distincts, liés entre eux par des liens.
2) Lorsque les structures sont temporelles ( comme dans le cas des structures musicales ), le temps pourra éventuellement être abordé sous la forme d'intervalles. Il s'agit là d'une manière bien particulière de considérer la structure temporelle : plutôt que de considérer que ces événements sont disposés au cours d'un temps linéaire ( qui servirait de base au déploiement de la structure ), l'approche en termes d'intervalles permet une approche bien particulière : le temps n'est pas ici une notion absolu, mais la dimension temporelle est abordée comme une dimension particulière de l'événement, et qui est associée à celle de 'lien'.
Au départ l'idée de "principe" part de la sensation subjective ( et c'est précisément ce qui confère un caractère "artistique" à cette recherche ). Plus précisément, j'ai l'impression que lorsque je dessine, que je joue de la guitare, ou bien que je jongle, une certaine "sensation", "base dynamique", intervient de manière identique, même si son médium d'expression est différent : la tête du pinceau qui se déplace sur la feuille, les structures de notes lorsque je joue de la guitare, les mouvements de la quille de jonglage, me semblent mettre en jeu un principe sous-jacent identique. Cette sensation, émminemment introspective, pourra bien entendu n'être qu'une illusion. Néanmoins, tentons je jeu d'engager un questionnement sur sa nature.
On peut se demander en tout cas dans quelle mesure un processus commun pourrait intervenir dans le traitement des différentes actions et/ou perception d'un point de vu cognitif. J'utilise ici le terme "cognitif" au sens large, entendu comme "processus de la pensée". Il ne s'agit pas ici pour l'instant de trancher en faveur d'une quelconque interprétation en des termes « neurobiologiques ». Profitons de la liberté particulière que put conférer la position artistique. Ainsi cette recherche, pour une large part tout au moins, est basée sur un ressenti de l'observateur, ce qui bien entendu l'éloigne définitivement du champs conventionnellement admis de la recherche scientifique. Dans cette facette « artistique » donc de la recherche, le jeu consistera donc à tenter d'identifier et d'isoler dans la mesure du possible, et celà de manière « sensitive », de ce ressenti qui confère un caractère similaire à de ces événements ne relevant a priori pas du même champs.
Une fois ce principe "compris" sous cette forme sensitive, il s'agira de le formaliser d'une manière ou d'une autre, afin d'évaluer dans quelle mesure il est susceptible de rendre compte d'un maximum des formes considérées.
Sur une surface a deux dimensions par exemple, le PK peut-être schématisé comme suit :
PK 'dichotomique'
Si le spectateur commence
a suivre de ses yeux la ligne du bas dans un sens ou un autre,
son attention peut se déplacer sur
la ligne de manière continue, en se dissociant et en se réassociant, a chaque 'tour' de la figure
aux points de jonction. La figure obtenue est stable spatio-temporellement.
On utilise
On utilise un système combinant trois échantillonneur/boucleurs (que l'on peut assimiler a des oscillateurs linéaires) temps réel, connectés en série, et une pédale d'effets, permettant de manipuler le signal de l'interface utilisateur, qui est en général la guitare électrique. Cette machine constitue , du fait de la présence de ces trois oscillateurs - un système a potentialité chaotiques simple ( problème des trois corps ).
Machine kolargone
: dispositif expérimental
En se restreignant simplement aux gammes pentatoniques - c'est-à-dire ne comportant que cinq notes différentes, l'idée est d'explorer des transitions très simples, et d'utiliser la superposition, le jeu sur les délais et sur le couplage d'oscillateurs synchronisés ou non, afin d'explorer les domaines frontières entre l'harmonie (mélodies, répétitions) et le chaos ( absence de tonalité et de répétitions ).
A partir d'un "atome" de base simple, une structure de plus en plus complexe est construite. L'attention est amenée a se dissocier régulièrement d'abord, puis, lorsque la somme des couches mélodiques atteint une certaine complexité, elle est contrainte de trouver ses propres chemins de navigation dans l'architecture créée. Ainsi une multitude de mélodies peuvent être' impliées' dans une même ligne sonore.