Le monochrome et le cerveau :
Le monochrome peut être considéré comme la figure minimisant l'information de forme, et maximisant celle de la couleur.
Si l'on se place du point de vu de la neurobiologie et que l'on considère les premières phases du traitement neuronal de l'information visuelle, le monochrome possède donc la propriété de voir son information essentiellement traité par les zones
responsables de l'analyse des couleurs, qui sembleraient ( les donnes sont encore limités ) notamment impliquer, outre les zones primaires V1 et V2, la zone dite "V4" du cortex visuel.
Cette zone, dont le rôle exact est encore débattu, interviendrait dans le traitement des formes, et surtout, serait essentielle dans le traitement des couleurs.
L'introduction de plages de couleurs supplémentaires correspondrait inexorablement à l'augmentation de l'information "de
forme" ( lignes orientées de séparation des plages de couleurs ) et engendrerait donc une augmentation des stimulations des zones V3A (formes) et éventuellement V5 et V3 (mouvements et formes dynamiques respectivement).
Il est intéressant de remarquer que, si on le compare au monochrome 'traditionnel' sur toile, Le monochrome numérique possède ce que l'on pourrait considérer comme une certaine 'restriction' :
En effet La couleur utilisée dans un monochrome numérique est forcément limitée par rapport au support physique, du fait du caractère discret des couleurs imposé par l'usage de l'ordinateur. Ainsi, dans notre cas , le nombre de couleurs utilisées sera compris entre 0 et 16777216. Bien entendu, le nombre des couleurs disponibles augmente historiquement avec les capacités des machines, et on pourra éventuellement
considérer que lorsque le nombre de couleurs disponible sera suffisament élevé, on aboutira ( si ce n'est déjà fait ) à un nombre de couleurs dépassant la capacité de résolution de l'oeil humain, ce caractère discret perdant ainsi son caractère limitant d'un point de vu neuro-stimulatoire.
D'un autre côté, le monochrome numérique possède au moins deux degrés de liberté bien particuliers si on le compare au monochrome "statique" :
- Il peut évoluer au cours du temps.
Ainsi, tout en maximisant l'action sur l'aire V4, la modulation du paramètre temporel sera susceptible de stimuler des réseaux neuronaux différents de ceux engagés dans la contemplation d'un monochrome statique.
- Il peut présenter une interactivité : ici, l'utilisateur peut fixer le 'tempo' ( durée de la transition entre 2 couleurs ) de l'évolution temporelle du monochrome. Evidemment, la modulation est ici, dans un premier temps limité à une fonction linéraire, la période restant constante une fois fixée.
Néanmoins il serait intéressant dans un second temps de permettre à l'utilisateur de moduler par exemple un facteur d'une équation non-linéaire, telle l'équation logistique, afin de lui permettre la 'visite' de structures temporelles beaucoup plus complexe, et donc,
du point de vu neuro-stimulatoire, d'engager des structures d'activation neuronales, toujours maximisées sur l'aire v4, mais engageant de nouvelles configurations.